Comment la Slovaquie résiste à l’islamisation…

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Le parlement slovaque a adopté une loi durcissant les règles d’enregistrement d’une religion en tant que religion officielle: un mouvement religieux doit désormais compter au moins 50.000 fidèles pour obtenir un tel statut. 

Sachant qu’environ 5.000 habitants du pays seulement pratiquent l’islam, les opposants à la loi dénoncent « une mesure antimusulmane ».

La loi établissant de nouvelles règles d’enregistrement du statut officiel d’une religion a été élaborée par les députés du Parti national slovaque — membre de la coalition du premier ministre Robert Fico. Mercredi 30 novembre, elle a été approuvée par les deux tiers du parlement.

Désormais, seule une religion qui peut afficher au moins 50 000 fidèles pourra prétendre à être reconnue comme officielle — contre 20 000 croyants auparavant. Pour la Slovaquie, qui compte 5,4 millions d’habitants dont plus de la moitié sont catholiques, ce durcissement est de facto prohibitif.

« L’islam n’a pas sa place ici »

Selon la fondation islamique de Slovaquie, entre 4 000 et 5 000 musulmans vivent dans le pays. La plupart d’entre eux sont arrivés quand cet État faisait encore partie de la Tchécoslovaquie. Depuis l’indépendance, c’est-à-dire en plus de 20 ans, aucune mosquée n’a été construite sur son territoire. Quand la crise migratoire a éclaté en Europe et que des milliers de réfugiés ont commencé à traverser la frontière de l’UE, Bratislava a annoncé que le pays n’était prêt à accueillir sur son territoire que des réfugiés chrétiens. « L’islam n’a pas sa place ici », a déclaré le premier ministre Robert Fico.

De nombreux Slovaques sont d’ailleurs du même avis. « L’islamisation commence par l’implantation de magasins de kebabs — et cela arrive déjà à Bratislava. Imaginez-vous ce à quoi nous serons confrontés d’ici 5 à 10 ans. Nous devons tout faire pour empêcher l’apparition de mosquées », a déclaré le président du parti Andrej Danko.

L’islam a le vent en poupe en Europe

La Slovaquie contemporaine est l’un des rares pays d’Europe où les musulmans ne sont pas une force politique de poids. Au cours des dernières décennies, l’islam est devenu la deuxième plus grande religion en termes de nombre de fidèles en UE, après le christianisme, et reste à ce jour celle qui affiche la plus forte croissance. Selon la revue Euromag, le nombre de croyants musulmans en Europe est passé de 29,6 millions de personnes en 1990 à 44,1 millions en 2010. Si cette tendance se maintenait, d’ici 2030 8 % des habitants d’Europe occidentale seront musulmans, sachant que dans les pays économiquement développés comme la France et l’Allemagne l’islamisation s’exprimera de manière plus forte, contrairement aux pays moins développés.

Du voile à la mosquée

Actuellement, la France est le premier pays de l’UE en termes de population musulmane. Contrairement à la Slovaquie, la France compte plus de 2 100 mosquées visitées par 6 millions de musulmans. Cette communauté religieuse a déjà affiché sa détermination quand, en janvier 2004, les musulmans ont organisé d’importantes manifestations pour protester contre la loi sur l’interdiction de porter le voile dans les écoles. Malgré la colère des musulmans à l’époque, Paris n’était pas revenu sur sa décision et la loi sur les signes religieux dans les écoles avait été adoptée. En octobre 2010, la Ve République a également interdit de porter la burqa, qui cache intégralement le visage, et fin novembre 2016 le premier ministre Manuel Valls a suggéré d’interdire le financement étranger des mosquées en France.

La Slovaquie fait exception

L’Allemagne est prête à prendre exemple sur la France : les membres de l’Union chrétienne-démocrate ( CDU ) proposent d’interdire aux femmes musulmanes de se couvrir intégralement le visage. De telles restrictions ont également été approuvées par le parlement néerlandais. Mais toutes ces démarches paraissent insuffisantes pour beaucoup d’Européens, qui estiment que la politique de tolérance n’a pas fait ses preuves et que le temps est venu d’adopter des mesures plus intransigeantes. Ces sentiments en Europe s’expriment par la hausse de la popularité des mouvements et des partis d’extrême droite comme le Front national de Marine Le Pen, le Parti pour l’indépendance de Paul Nuttall, le Parti de la liberté de Geert Wilders et le mouvement Pegida en Allemagne. Toutefois, aucun de ces mouvements n’est encore arrivé au pouvoir, et, même si cela se produisait dans les années à venir, il leur serait très difficile de régler la question de l’islamisation de l’Europe : 345 000 réfugiés sont arrivés en UE depuis le début de l’année, pour la plupart des personnes pauvres de pays musulmans, et Bruxelles ignore pour l’instant comment stopper ce flux migratoire.

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