Allô Poutine, ici Trump

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Le président russe était seul lorsqu’il s’est entretenu avec son homologue américain.

Le 28 janvier, pour la première fois depuis son investiture, le président américain Donald Trump s’est entretenu avec Vladimir Poutine : leur conversation, qui s’est déroulée au téléphone, a duré 45 minutes.

Les deux chefs d’État ont abordé pratiquement l’ensemble des problèmes internationaux du moment, indique un communiqué publié par le service de presse du Kremlin, désignant, comme objectif prioritaire, l’union de leurs forces dans la lutte contre le terrorisme international. « Les présidents ont fait part de leur volonté de mettre en place une coordination réelle des agissements russes et américains afin d’anéantir l’État islamique et les autres formations terroristes actives en Syrie », poursuit le document.

Si les parties coordonnaient déjà leurs actions en Syrie, Moscou a reproché à plusieurs reprises à Washington de ne pas respecter ses obligations, notamment de ne pas faire la différence entre l’opposition modérée et les terroristes. Au téléphone, Vladimir Poutine a qualifié plusieurs fois le terrorisme islamiste d’ « ennemi commun », a rapporté au New York Times un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche au courant des détails de la conversation. Lors de ses interventions publiques, Donald Trump place également le phénomène parmi les menaces les plus importantes pour la sécurité des États-Unis.

Les présidents russe et américain ont abordé la situation au Proche-Orient, le conflit israélo-palestinien, la question du programme nucléaire iranien, la situation sur la presqu’île de Corée ainsi que « les principaux aspects de la crise en Ukraine ». Toutefois, a précisé le haut fonctionnaire américain au New York Times, l’Ukraine n’a été évoquée que de manière très superficielle.

Poutine et Trump ont parlé du rétablissement des liens économiques et commerciaux. À propos de la coopération économique des deux pays, ils n’ont toutefois pas mentionné les sanctions. « Ni les sanctions ni la question de leur éventuelle abolition n’ont été débattues », a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.

Bien entouré

Lors de cette conversation téléphonique, menée depuis son bureau ovale, Donald Trump était entouré de plusieurs membres clés de son équipe : le vice-président Mike Pence, le chef de cabinet de la Maison-Blanche Reince Priebus, le conseiller à la sécurité nationale américaine Mike Flynn et le premier conseiller du président, Stephen Bannon.

Le même jour, le président américain s’est également entretenu au téléphone avec les Premiers ministres japonais et australien, Shinzo Abe et Malcolm Turnbull, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande. Toutefois, au vu des photos des événements diffusées par le service de presse de la Maison-Blanche, aucune des ces conversations au sommet n’a impliqué la présence autour du président d’un groupe de soutien aussi impressionnant.

De son côté, Dmitri Peskov a précisé que le président russe était seul lorsqu’il s’est entretenu avec son homologue américain.

« Trop tôt pour un changement radical »

Selon le New York Times, cette conversation, plus globalement, est le signe d’un changement radical de ton dans les relations russo-américaines. Elle a été l’occasion, pour les deux dirigeants, d’affirmer que leurs peuples éprouvaient l’un pour l’autre de la sympathie. Les représentants du Kremlin ont souligné que la conversation avait eu une tournure positive et efficace. La Maison-Blanche, pour sa part, a affirmé qu’il s’agissait d’un « premier pas important vers l’amélioration des relations bilatérales », et que les deux présidents espéraient qu’après cet appel, « les deux parties pourr[aie]nt passer rapidement à l’action en matière de lutte contre le terrorisme et concernant toutes les autres questions présentant un intérêt mutuel », indique le communiqué de l’institution sur les bilans de cet entretien.

Peu de temps après cette conversation, le président de la Fondation russe pour les investissements directs, Kirill Dmitriev, a indiqué à l’agence TASS qu’il s’apprêtait à proposer très prochainement à ses partenaires américains plus d’une dizaine de projets d’innovation, prévoyait d’organiser des visites de délégations d’investisseurs et d’hommes d’affaires en Russie, et aussi d’ouvrir une représentation à New York en mai de cette année.

Pour autant, insiste de son côté Anton Fedyachine, professeur d’histoire à l’Université américaine, située à Washington, il est encore trop tôt pour espérer un changement radical : « Même si les deux présidents parviennent à trouver une langue commune, Donald Trump aura du mal à convaincre les membres des deux partis américains qu’une nouvelle détente serait profitable aux États-Unis. Ainsi, même si l’interaction avec Moscou va probablement pouvoir se mettre en place dans certains secteurs précis, le rétablissement de la confiance et d’une coopération pleine et entière peut prendre des années », a déclaré l’expert au quotidien russe Kommersant.

À l’en croire, vu la forte opposition qu’il rencontre au sein du Congrès américain, il est peu probable que Donald Trump ne « gaspille son précieux capital politique à tenter d’améliorer de façon radicale les relations avec Moscou ».

lecourrierderussie.com

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